Quand on parle de maquillage pro en France, il y a des noms qui claquent comme des highlighters sur pommettes : ITM Paris, par exemple, installé à deux pas du Canal Saint-Martin, alimente fantasmes et vocations depuis plus de 30 ans. Les stories des anciennes élèves sont souvent remplies de défilés, de loges, de paillettes… et de valises de pinceaux plus fournies qu’un set de chirurgien esthétique. Mais derrière le vernis Instagram, que vaut vraiment l’ITM Paris pour apprendre le maquillage professionnel ? On a enquêté, sans poudre aux yeux. Littéralement.
Sommaire
Un tremplin crédible ou un simple miroir aux alouettes ?
Dès l’entrée, ITM Paris affiche ses ambitions : former des maquilleurs et maquilleuses capables d’évoluer dans les milieux exigeants du cinéma, de la mode, de la télévision. Sur le papier, tout y est : formations longues ou courtes, options effets spéciaux, enseignement par des pros en activité. Le site officiel en met plein la vue — normal, c’est un peu le métier — mais qu’en est-il une fois les portes refermées et les beauty blenders rangés ?
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’ITM n’est pas une école de maquillage comme les autres. Elle est pensée comme un lieu de transmission globale : on ne vous apprend pas simplement à poser une base, on vous apprend pourquoi poser cette base, quand, sur quelle peau, et surtout dans quel contexte artistique. Une notion qui change tout.
Les formations longues (type « Maquillage artistique » sur 10 mois) plongent les élèves dans tous les univers — mode, spectacle vivant, audiovisuel — avec une exigence qui n’a rien à envier à une école d’art dramatique. Le rythme est intense, les enseignants — souvent des professionnels encore en activité — ne vous caressent pas dans le sens du pinceau. On vous demande de créer, de recommencer, d’observer, d’analyser. De devenir une éponge sensorielle, en somme.
La technique : le nerf de la guerre
Est-ce qu’on apprend réellement à maquiller à ITM ? Disons-le franchement : oui, mais pas à moitié. Ici, on parle d’heures passées à reproduire un smoky parfait, à tester des produits sur des peaux mates, très claires, acnéiques, ridées. On apprend à voir une carnation, à sentir une matière, à entendre le langage corporel d’un modèle qui ne dira jamais qu’il déteste votre blush… mais qui vous le fera comprendre très fort.
Les bases techniques sont solides. Très solides. Correction des volumes, morphologie du visage, colorimétrie : rien n’est laissé au hasard. Les cours incluent des modules pointus, notamment en effets spéciaux : fausses plaies, vieillissement au pinceau, transformation faciale. Et contrairement à d’autres écoles qui survolent le sujet, ici, on met vraiment les mains dans le pot (de faux sang).
Mais ce qui distingue vraiment ITM, c’est l’exigence sur le détail. Ce détail qui fait passer un maquillage de « joli » à « waouh ». Appliquer une poudre libre ? Facile. L’appliquer pour qu’elle ne marque pas les ridules, ne fige pas la lumière et résiste à un spot de 1000 watts pendant trois heures ? Un autre délire. Ce genre de nuance, c’est précisément ce qu’on vous apprend ici.
L’ambiance : plus Real Techniques que Mean Girls
On pourrait s’imaginer que l’ambiance entre élèves est digne d’un backstage de Fashion Week, version drama. Faux. Ou du moins, pas totalement vrai. Certes, il y a des ego, des tensions, des personnalités hautes en couleur. Mais l’esprit est plus collaboratif que compétitif. On partage ses astuces, on s’échange des tips de pro, on se prête un crayon nude en cas d’urgence (oui, ça existe).
Et puis, il y a ce truc intangible : l’impression d’être à sa place. Que vous sortiez d’un bac S, d’une école de commerce ou d’une carrière de coiffeur, vous trouverez des profils comme le vôtre dans la promo. Des reconversions, des vocations, des tâtonnements qui finissent par s’aligner autour d’un même objectif : sublimer, transformer, révéler.
Le rythme est soutenu, les devoirs sont nombreux, les évaluations régulières. Et parfois, il faut se coltiner des modèles pas très coopératifs, ou des produits capricieux. Il faut apprendre à travailler debout, vite, dans le bruit, parfois avec trois pinceaux, une lumière floue et une styliste hystérique dans les pattes. Mais ça aussi, c’est formateur. Et au fond, c’est ça, le vrai métier.
Et après ? L’entrée dans le game pro
Sortir d’ITM avec un book béton et des stages plein les bras, c’est bien. Mais décrocher ses premiers contrats, c’est encore mieux. Sur ce point, ITM n’a pas la prétention de « placer » ses élèves, mais elle les met clairement sur les bons rails. Grâce à son réseau de partenaires, de profs actifs dans le milieu, et de collaborations régulières avec festivals, marques ou tournages, l’école propose une immersion concrète dans le monde pro.
Il est assez courant de voir des élèves bosser sur des courts-métrages dès le printemps, ou maquiller pour des défilés indépendants. Ce sont ces expériences-là qui nourrissent le book et donnent une vraie crédibilité à la sortie. Mais attention, on ne vous livrera pas une carrière en kit. Il faudra démarcher, réseauter, envoyer des mails, relancer, essuyer des refus. Et recommencer.
Côté débouchés, les anciens d’ITM bossent partout : dans des studios TV, sur des films, en freelance pour des marques, ou dans la mode pure et dure. Certaines deviennent make-up artists résidentes pour des maisons comme MAC ou Dior, d’autres montent leur propre studio. C’est ouvert, multiple, instable aussi — mais franchement grisant.
Verdict final : ITM, un choix éclairé ?
Si vous cherchez une école pour jouer à la Barbie make-up et passer vos journées à vous auto-maquiller en selfie, passez votre chemin. ITM, c’est une école de travail, d’exigence, de transformation. On vous y apprend le maquillage, certes, mais aussi la posture, la rapidité, l’adaptabilité, le regard. On vous forme à devenir un professionnel. Pas une influenceuse. Ce qui n’empêche pas certaines élèves d’avoir des comptes Insta flamboyants — mais nourris d’une vraie expertise.
Est-ce que c’est fait pour vous ? Posez-vous la bonne question : êtes-vous prête à bosser dur, à sortir de votre zone de confort, à rater, recommencer, apprendre dans le dur ? Si la réponse est oui, alors ITM pourrait bien être la meilleure décision de votre vie professionnelle. Si c’est non… eh bien, il vous reste YouTube. Mais ce ne sera pas la même histoire.
Et vous, vous imaginez-vous vraiment apprendre à poser une prothèse nasale ou à faire un contouring type 16e siècle depuis votre canapé ? Non ? Nous non plus.


